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dimanche 12 juin 2011

Alec raconte !

Tout (ou presque) a été dit sur Heaven Road. Je me limiterai donc à raconter quelques souvenirs qui m'ont marqué, quelques anecdotes et impressions, au fur et à mesure que ça me revient en mémoire... et pourquoi pas retravailler certains morceaux que l'on jouait à cette époque, pour notre plus grand plaisir, et celui de nos "vieux" fans...

J'ai commencé à côtoyer le milieu "musicos" à 17 ans, en suivant les Blackers. J'étais fan de batterie, et je montais et démontais celle de leur batteur, qui n'était autre que René Guérin, qui est passé par la suite chez Alan Jack Civilisation, puis chez Martin Circus. Il est aussi le fondateur de la revue Batteur Magazine. J'avais d'ailleurs présenté René Guérin à Boby (Yves Tribaleau), mais il n'y a pas eu de suite...

Je "m'amusais" aussi au piano. C'est là que le guitariste des Field Flowers m'a proposé de jouer avec eux. Mais ce groupe s'est assez rapidement disloqué. Et par la suite, alors qu'il n'y avait même plus les Redskins, un groupe extraordinaire dont l'élément principal était Robert Dhal, guitariste de grand talent, j'ai découvert Heaven Road. J'étais devenu un de leurs "groupies". Je me souviens même m'être imposé aux côtés de Gus, à l'éclairage. J'étais à l'armée à cette époque, mais étant marié, j'ai bénéficié d'une incorporation rapprochée, à Angers pour être plus précis. J'étais en "perm" tous les week-end. C'est à cette époque que Chouchou (Michel Chevrier) m'annonce que leur claviériste Christophe Plettner quittait le groupe, et me propose de le remplacer. Je lui ai répondu que je ne savais pas si je serais à la hauteur. Il m'a rétorqué que j'avais "l'esprit" et que ça pourrait le faire. Quand on s'est mis créer nos propres compositions, chacun apportait ses idées, et on les travaillait ensemble. C'est l'idée même que je me faisais d'un "groupe".



Boeuf à la Chambre du Commerce du Mans, circa 1967 (outre Alec Richard aux claviers, on reconnait respectivement à la guitare et au micro, Pierre Capelle et Michel rascagnères, futurs membres du Ramsey Set)

La tournée des plages :

Ce qui devait être une tournée s'est en fait soldé par un contrat au "Casino" de Taron-plage (qui n'avait rien d'un casino, soit dit en passant), et nous étions payés aux entrées. C'est à dire qu'effectivement, nous ne savions pas comment nous allions payer le camping, au bout d'un mois et demi... Et - ô miracle - je ne me souviens plus si c'est venu d'Yvon Botrel ou d'Alain Lorréard, "on" nous propose un passage-gala au cours d'un bal animé par le groupe (ou orchestre) Granvoinet Forum, au fin fond de la Vendée profonde. Et (ouf!!!), nous voilà revenus au Mans !!!



Michel Chevrier, André Beldent et Alec Richard sur scène avec Heaven Road, 1971

Episode MJC Château du Loir :

Nous jouions en première partie de Magma. Quand ces derniers se sont retirés de la scène, je me souviens d'un Tribaleau bondissant sur scène, en furie, prenant le micro et annonçant: "Voilà ce qui se passe, on a un contrat, ils ne veulent pas nous payer si on ne joue pas plus longtemps. Nous, on a rempli notre contrat !!! (sic)" En fait, ça s'est terminé par un boeuf avec quelques éléments de Magma et de Heaven Road (sans Vander, bien entendu...)



Heaven Road dans les coulisses du Golf Drouot, 5 mars 1971 (de gauche à droite : Christian Savigny, Alec Richard, Michel Chevrier, Richard Fontaine, André Beldent et Jean-Louis Briant)

Episode Golf Drouot :

Nous y sommes allés très décontract'. Mais c'était malgré tout Paris, le Golf ! On ne savait pas dans quel ordre les groupes passaient, et Paris regorge aussi de talents. Finalement nous sommes passés en dernier!... Yesss!!! Nous avions bien préparé notre répertoire, le temps de passage étant limité. Mais dès les premiers morceaux, nous avons senti un certain enthousiasme croissant du public. Il faut dire aussi que parmi les spectateurs, il y avait un certain Thomas, qui avait rameuté une équipe de joyeux drilles. On avait même failli ne pas jouer notre dernier morceau, ayant dépassé le temps imparti. Finalement, le sonorisateur a accepté de nous laisser terminer, par un morceau de choix: "Rock Your Mama" version Heaven Road. Pourtant, il s'en est fallu de peu que nous ne puissions aller jouer au Golf. En effet, j'étais militaire, jusqu'à présent toutes mes "perms" avaient été acceptées. Pourtant, juste ce week-end, ma perm avait été refusée. Qu'à cela ne tienne, je suis parti en "fausse"...

Bien sûr, il y a des albums et des musiciens qui m'interpellaient à cette époque. J'aimerais en l'occurrence retrouver l'album de East of Eden, "Nymphenburger". Sinon, j'étais fan des Yardbirds et des Kinks, et toute la lignée qui a suivi : Deep Purple, Led Zeppelin, etc. Mais le principal, c'était le blues, et ça l'est toujours d'ailleurs. Entre autres John Mayall, que j'ai vu à Bagnol sur Cèze il y a quelques années, avec le même jour et juste après, Nine Below Zero. Que du bonheur ce soir-là !

mercredi 21 mai 2008

Kick's nous écrit !



Julien Thomas nous a retrouvés les uns après les autres. Puis il nous a encouragés (poussés ?) à exhumer les documents que vous allez découvrir ici.

Passés du scepticisme au soutien actif, nous lui avons fait confiance car sa démarche semblait désintéressée, ce qui s’est vérifié par la suite. Depuis 1999, ce jeune passionné est devenu THE spécialiste de l’histoire de notre groupe (sous ses différents noms), recueillant les anecdotes et les vieux papiers, reconstituant pas à pas le déroulement des épisodes, jusqu’à écrire un premier bouquin, en envisager un second, puis aujourd’hui créer ce blog.

Les photos, cartes postales, affiches, articles de journaux, programmes de concerts, 45 tours vinyl, bandes, cassettes qui dormaient dans nos greniers, et autres films 8mm ou reportages télé (qui dorment encore, mais ne désespérons pas), vont donc se retrouver sur ce site, au fur et à mesure de leur redécouverte et de leur mise en perspective chronologique ou thématique.

Car une solide connaissance de notre aventure musicale ne suffit pas. Il faut un réel talent de journaliste (ce Julien, quelle belle plume !), et la distance nécessaire (aucun de nous n’aurait pu faire cela sans partialité), pour arriver à un tel résultat. Et ce n’est pas fini : les mois et les années qui viennent apporteront leur lot de trouvailles, que nous nous efforcerons de nourrir. Le plus beau cadeau que vous pourriez nous faire, vous, visiteur de ce blog, serait de nous faire profiter d’un film du groupe sur scène, notre univers natif, là où nous prenions notre pleine mesure.

Certes, nous n’avons jamais été Led Zeppelin, mais nous sommes allés beaucoup plus loin que la formation de lycée que nous aurions pu rester. Nous avons travaillé dur pour combler les faiblesses techniques de nos débuts. Nous avons été enthousiastes, animés du feeling d’Otis Redding pour jouer des morceaux qui ne le méritaient pas toujours. Nous avons parfois été touchés par le miracle de la créativité. Nous avons surmonté mille galères. Nous avons été sincères et respectueux envers le public. Cette expérience fonde toute une vie.

La belle histoire que nous avons vécue nous revient en pleine gueule, car Julien nous la raconte sous la forme d’un documentaire actuel. Notre équipée y est restituée sans idéalisation, avec esprit critique, par un documentaliste à qui « on ne la fait pas » (le bougre est un bon musicien). C’est ainsi que nos enfants, et tous ceux qui s’y intéresseront, auront accès à un témoignage crédible.

Magie d’une technologie, tout est là, tout sera là, consultable à l’envi. Heaven Road, Satan, et Ciel d’Eté reviennent de loin... Bravo à Julien Thomas pour cette belle réalisation. Et merci à lui de redonner vie à cette « vie antérieure ».

Christian Savigny, 16 mai 2008.